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Clark Kent la journée... Superman la nuit! Le gendarme, ce ''super-héros'' qui ne so



Selon le dernier guide de bonne conduite « 50 conseils pour rouler en toute sécurité » émanant du ministère des transports pour la sécurité routière un accident sur cinq est lié à un endormissement au volant et « pour partir sans fatigue, vous devez respecter votre rythme veille/sommeil habituel. Au-delà de 17 heures de veille active, vos réflexes diminueront autant que si vous aviez 0,5 g d’alcool dans le sang. Ainsi, si vous vous levez à 7 heures du matin et que vous prenez la route le soir, il vous est conseillé de ne pas conduire après minuit » cela étant un « facteur d’accident grave ». Si nous ne pouvons qu’approuver ce conseil dont nous constatons régulièrement lors de nos interventions les conséquences en cas de non-respect du temps de sommeil qu’en est-il du gendarme dans le cadre de son activité ? Un automobiliste ne respectant pas son temps de repos avant de prendre le volant est en danger mais un gendarme engagé dans son service toute la journée avec le poids de ses responsabilités suivi d’un service de nuit nécessitant une vigilance de tous les instants avec des interventions à risque ? Sans parler du temps de conduite sur 24 heures, il semblerait que le gendarme ou le policier ne souffre jamais de la fatigue au volant, de la fatigue dû à son temps d’activité et aux contraintes du métier contrairement aux automobilistes que nous contrôlons. Faire de la prévention et inciter l’automobiliste et le professionnel de la route à ne pas prendre le volant après 17 heures de veille active mais être en veille active professionnelle plus de 20 heures voir 24 heures ? Concrètement, un gendarme qui fait sa journée de PAM (premier à marcher) et qui enchaîne des interventions nocturnes en partant avec le véhicule de dotation en "ambiance vitesse" se met en danger et met en danger les autres! Le fait d'être sur les routes le jour ET la nuit serait donc incompatible avec les préconisations de l'État! Partant de ce constat, le gendarme ne devrait pas conduire après 17h00 de veille active sinon ce serait comme conduire ivre... Un comble pour un soldat de la loi qui réprime au quotidien les conduites addictives et autres dépassements de temps de conduite des professionnels de la route! Si un gendarme n'a pas pleinement ses capacités après ces fameuses 17h00 de veille active, quid de nos réflexes en intervention professionnelle sur une intervention à haute intensité? Est-on dans les meilleures dispositions pour utiliser son arme? Quid de nos réflexes judiciaires? En effet, comment savoir si oui ou non la garde à vue est justifié pour un individu interpellé en ''flag'' si notre esprit est brouillé par cette veille active interminable? Il existe des circulaires (100 000, 42 000...) afin de réguler le temps de service et le temps de récupération, nous pouvons aussi faire le lien avec la feuille de route du directeur général de la Gendarmerie mais est-ce véritablement appliqué au quotidien dans les unités ? La réponse est non ! Pourquoi ? Nous pouvons déjà citer la sacro-sainte phrase magique « dans l’intérêt du service ». Dans l’intérêt du service un gendarme peut travailler 24 heures en continu. Si la devise de notre nation est « liberté, égalité, fraternité » celle du petit chef sans envergure est « dans l’intérêt du service », elle permet tout et dégage le donneur d’ordres de toutes responsabilités en cas de défaillance professionnelle du gendarme vis-à-vis du commandement. Le gendarme qui ne se plierait pas à l’intérêt du service deviendrait alors le tire-au-flanc, le syndicaliste de l’unité avec les conséquences professionnelle sur le long terme que l’on connait. Mais ne généralisons pas, heureusement la Gendarmerie n’est pas composée que de ces petits chefs il y a aussi les chefs humains et soucieux de la condition de leurs hommes qui arrivent à répercuter sur l’ensemble des personnels des textes inadaptés à l’emploi au sein de la Gendarmerie mais cela reste toujours au-delà de la limite raisonnable pour un être humain et non conforme aux directives du ministère des transports. Textes inadaptés, pourquoi ? Finalement le gendarme ce super-héros infatigable et corvéable à merci arrange tout le monde, si les textes permettent de respecter une certaine dignité professionnelle le TROU à L’EMPLOI ne le permet pas ! Nous acceptons des dérives et des fautes de commandement alors que nous avons les outils nous permettant de travailler dans de bonnes conditions mais nous n’avons pas le personnel en nombre suffisant pour y parvenir aidé par quelques barons locaux toujours prompts à répercuter sur la base ce qu’ils n’ont pas la conscience professionnelle d’assumer ! La Gendarmerie bénéficie d’un certain savoir-faire tout en disposant de pléthores d’unités spécialisées pour un travail efficace et conforme aux limites physiques et morales de tout un chacun, elle doit au-delà de la réorganisation de ses effectifs assumer ce fait, le trou à l’emploi est un fléau qui coute des carrières , des familles, des vies et qui amoindri la qualité du service que nous devons au citoyen ! Comme le chantait Balavoine « Je ne suis pas un héros », ce qui est bon pour les autres doit aussi l’être pour nous.


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