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Mutualisation police gendarmerie. Les gendarmes dindons ou pigeons de la farce.



C’est le premier janvier 2009 que la Gendarmerie a été officiellement rattachée au ministère de l’Intérieur. Le but principal était d’obtenir une mutualisation des moyens permettant d’optimiser le fonctionnement des forces de l’ordre en général et de la Gendarmerie en particulier. Un premier regard sur les résultats financiers nous fait découvrir que la méfiance à l’égard de cette mesure était totalement fondée. Il suffit de voir les difficultés rencontrées par le Directeur de la Gendarmerie pour « joindre les deux bouts » avec les moyens qui lui sont alloués. Certains gendarmes qui rêvaient de conditions d’emploi et de droit d’expression semblable à ceux des policiers sont tombés de très haut. On nous disait que des assurances ministérielles était données pour une parité police-gendarmerie en matière de grades, de rémunérations et d’horaires, concernant ces derniers rien n’est plus faux.

Avec un raisonnement très simple nous pouvons déjà démontrer facilement que cette mutualisation n’apporte rien aux gendarmes. Ces derniers mettent à disposition de la police leurs moyens aériens (mais les hélicoptères ne sont pas renouvelés faute de crédits), leurs moyens nautiques, leurs maîtres de chiens, leurs techniciens en identification criminelle et, surtout, leurs personnels pour renforcer les policiers lorsqu’ils sont, très souvent, débordés dans le maintien de l’ordre public. Même à Paris, ville totalement sous la surveillance de la police, il faut une majorité de gendarmes mobiles pour faire face aux manifestations.

En contrepartie qu’apporte la police aux gendarmes ? Rien, strictement rien. Plus encore, l’état de l’immobilier et du parc automobile est digne de certains pays africains. N’oublions pas le trou à l’emploi, ce déficit en personnels inadmissible quand on parle de créations de postes alors que des centaines ne sont pas tenus faute de moyens humains. Par contre la police s’en tire plutôt bien puisqu’elle semble ne s’inquiéter que de ses heures supplémentaires qui s’entassent. Ses puissants syndicats sont en première ligne pour s’opposer à ce que des gendarmes prennent la tête de certains services mixtes, nous savons déjà que les futures associations de militaires seront bien loin d’avoir le poids de ces organisations, en admettant qu’elles puissent seulement survivre.

Le premier mai 2014 ont été créés les SGAMI (secrétariat généraux pour l’administration du ministère de l’Intérieur) dirigés par les Préfets de zone. Tous les retours que nous avons sur ces services font état d’un déséquilibre patent dans le traitement de la gendarmerie par rapport aux services de police. Ils sont avantagés au niveau des matériels et des moyens fournis en particulier lorsqu’il s’agit du parc automobile. Des SGAMI ont une logique comptable aveugle. Quand il n'y a plus, il n'y a plus. Quand il n'y a pas, ça n’existe pas. Quant on est plusieurs à demander, on fait une commande groupée, peu importe les besoins particuliers. Loin de se poser en facilitateur, le sgami est une entrave qui prive le commandant de région d'un peu plus de latitude.

Comment mutualiser correctement deux institutions quand l'une d'entre elle est incapable de se mutualiser en interne. En effet, autant en gendarmerie il y a une cohérence, autant du côté de la police, il y a 11 directions qui veulent garder leurs prés carrés et surtout faire en sorte que la mutualisation ne rentre pas forcément chez eux. Chaque action donne lieu à des marchandages, des discussions de chiffonniers qui, vus de l'extérieur, n'ont d'intérêt que pour justifier des postes qui pourraient aisément être mis en commun. Le tout sous le regard d'une direction générale incapable de trancher. En clair, avant de penser à mutualiser les services de soutiens opérationnels de la gendarmerie et de la police, que celle-ci commence par mutualiser réellement ses services entre ses directions.

Cette mutualisation n’est qu’un leurre qui a permis de mettre la Gendarmerie sous la coupe du ministère de l’Intérieur et d’utiliser sa disponibilité et son système de fonctionnement au bénéfice de la police qui ne s’en prive pas avec la bénédiction bienveillante des Préfets.

Il est possible de parler plus longuement de cette mutualisation à sens unique et nous ne manquerons pas de soulever les problèmes qui se posent au fur et à mesure de leur apparition.


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