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"le titre ne fait pas le référent comme l'habit ne fait pas le moine"



En découvrant le projet de la ministre de l'éducation nationale concernant le harcèlement dans les établissements scolaires qui instituait le « référent » parmi les élèves, je me suis posé la question suivante. Qui a eu cette lumineuse idée ? Je crois que j'ai un début de réponse. Elle a été pompée tout simplement à la Gendarmerie. Les problématiques en matière de sécurité se sont empilées au cours des dernières années à tel point que la gendarmerie, en zone rurale, avait des difficultés à y faire face. Les aires d'accueil des gens du voyage, les violences en milieu scolaire, les démarchages sauvages au domicile des personnes âgées, la délinquance des mineurs de plus en plus jeunes, les vols violents dans les commerces, les cambriolages, l'immigration clandestine, etc... sont autant de freins à la mission régalienne et essentielle qui fait le socle de la gendarmerie, à savoir la surveillance générale. Il fallait vite trouver une solution pour juguler ces phénomènes donnant une mauvaise image de l'Institution. Et un matin, après une très longue cogitation cérébrale nocturne probablement, un « chef » s'est levé, illuminé par une idée qui devait tout révolutionner : le référent ! Issu d'une unité où l'on s'ennuie, c'est légendaire, le référent est choisi parmi les brigadiers les plus brillants ou à défaut, les moins occupés. D'abord on liste ce que veut obtenir notre chef. On veut un référent pour les personnes âgées, on désigne l'ancien qui s'occupe déjà des relations avec les retraités de l'Arme. Celui pour les violences scolaires sera choisi parmi les pères ou mères de famille nombreuse, si possible, avec une empathie visible pour les enfants, l'amip parmi ceux qui ont échoué au stage ........ MIP, etc... Et finalement on se retrouve avec une liste exhaustive de gendarmes (tous grades confondus) qui non seulement doivent exécuter leurs missions habituelles (plaintes, enquêtes, remise pièces, police route, surveillance de jour et de nuit, interventions, transfèrements, présentations, auditions, etc.... - j'ai peur d'en oublier -) mais qui se voient en plus confier une mission pour laquelle, bien souvent, ils ne sont pas formés. Je n'oublie pas les gendarmes désignés pour renforcer les groupes GELAC, GIR, CID, BOS, pris sur l'effectif des brigades. Et comme si ce n'était pas suffisant, lorsqu'il y a un besoin ponctuel dans une école ou pour une mission, on fait un appel à volontaire « désigné d'office » pour conduire des stagiaires pendant trois ou quatre semaines à CHATEAULIN ou à MELUN. Quand on est confronté au quotidien à ces inepties, on finit par ne plus faire le travail de base. Quel commandant d'unité est heureux qu'on lui ordonne qu'un de ses OPJ soit détaché pour plusieurs semaines dans une cellule qui lutte contre tel ou tel phénomène. Il se voit obligé de pallier cette absence avec ce qui lui reste d'effectif. Et quand celui-ci est devenu des plus ténus, il ne lui reste plus qu'à pleurer un renfort de …..............réserviste ! On marche sur la tête ! Alors, moi, je dis STOP ! On tape toujours sur les mêmes. On ne demande pas à un militaire affecté dans une brigade de prévention de la délinquance juvénile de s'occuper de surveillance générale. Pas plus qu'à un militaire d'un PSIG de conduire des enquêtes judiciaires, à un motard de faire de la surveillance générale ou à un enquêteur d'unité de recherches de gérer les interventions en tout genre et à toutes heures ! Alors pourquoi appliquer cette injustice à nos brigadiers ? Sont-ils considérés comme des surhommes ou des …............. fainéants ? Il serait temps de recentrer les gendarmes de brigades dans leur cœur de métier, puisque c'est la volonté du Directeur Général. L'administration centrale doit ouvrir les yeux sur les dysfonctionnements qui touchent les brigades territoriales, auxquelles on en demande de plus en plus, avec de moins en moins de moyens et d'effectifs, et qui conduisent parfois à un acte irréversible. La qualité du travail fourni, du service rendu et de la santé physique et mentale des gens des brigades passent par cet étape.


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