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Temps de travail en Gendarmerie

Mis à jour : 3 avril 2019



C’est un sujet récurent que le temps de travail en Gendarmerie ou surtout l’amplitude de celui-ci parfois au-delà des limites de la condition humaine. Est-ce bien raisonnable dans une institution qui se veut « humaine et responsable », qui depuis quelques années, sous l’impulsion d’un nouveau directeur priorisant la concertation et le dialogue, d’engager une procédure contre la France et la Gendarmerie devant la commission européenne ? La France, pour maintenir sa Gendarmerie, avait jusqu’à présent réussi à faire bloc contre les technocrates ayant déjà épurés les problèmes Belge, Italien, Espagnol... Ne nous voilons pas la face, nous savons tous pourquoi la Gendarmerie est bonne cliente de la sécurité publique avec son personnel sous statut militaire, mais n’est-ce pas là aussi la raison pour une grande majorité d’entre nous de notre engagement ? Une amplitude horaire forte, au service de nos convictions, au service de nos concitoyens ? La Gendarmerie offre encore un métier que l’on peut exercer par passion, cette passion qui nous fait nous dépasser ! Depuis presque 8 années chez AG&C nous n’avons eu de cesse de soulever ce phénomène usant et démoralisant qui est de travailler sans limite mais nous avons toujours considéré que c’était avant tout une question de gestion des effectifs (effectifs qui se doivent d’être en nombre), une question de vrai mutualisation des unités complémentaires, une question de restrictions non pas des lois mais de ceux qui mettent en pratique cette gestion locale parfois inadaptée en appliquant des contraintes aux résultats. Il n’a jamais été question, du haut de notre bureau exécutif ou même de notre comité de rédaction composé de 20 membres, d’engager l’ensemble de nos 100 000 camarades sur cette voie sans retours et aux risques statutaires innombrables. Céder à la manœuvre eu été facile, principalement pour les retombées médiatiques mais quand on engage 100 000 personnels de la Gendarmerie et leurs familles, la fin, ou dans ce cas là, la " faim " ne justifie pas les moyens. Si AG&C ne date pas d’hier et c’est toujours comportée comme une APNM, principalement pour aider individuellement des camarades dans le besoin (plusieurs centaines de cas passant par des conseils administratifs, des soutiens moraux ou sociaux dans la discrétion et avec le concours des compagnies, des régions et de la DGGN) les structures officielles ne sont nées que l’année dernière, il faut laisser du temps au temps, nous avons déjà bien avancée en une année et il reste du chemin à parcourir pour prétendre représenter la collectivité et ainsi l’engager devant l’Europe tout entière. Nous devons apprendre un nouveau concept, travailler avec la Gendarmerie, avec ses processus déjà existant pour la Gendarmerie et non contre elle. Les APNM peuvent devenir un soutien de poids aux IRP quand le besoin s’en fait ressentir, un système de baromètre national, un "groupement professionnel" indépendant et complémentaire. Voilà notre objectif administratif pour les années à venir avant d’envisager tel péril au nom de tous. Nous ne devons pas céder à la tentation du « syndicalisme publicitaire », nous les APNM ne sommes qu’un outil au service de la population « Gendarmique ». Le temps de travail en Gendarmerie n’est pas un problème de droit, le gendarme travaille plus de fait, sinon il devient un fonctionnaire (aucune critique à l’encontre des fonctionnaires dans ces propos). Les « dépassements » du temps de travail ne sont en aucun cas une généralité en Gendarmerie, quand ils sont localement un problème ils sont le plus souvent causés par des lacunes de gestions du commandement, un trou à l’emploi permanent ou ponctuel (manque d’OPJ, congés maladie...) ou une mauvaise gestion des effectifs des différentes unités de la compagnie... Prenons un exemple concret et fréquent. Une brigade de Gendarmerie X (exemple véridique) tournant avec 2 personnels en moins pendant 2 années. Sous l’impulsion d’un commandant efficace qui met la main à la patte (comprendre que quand le besoin s’en fait ressentir il est capable de prendre l’accueil ou quand un de ses gendarmes est absent au dernier moment il sait le remplacer pour un PAM de temps en temps). Une équipe «OPJ, APJ, adjoints & co » ou chacun exerce ses qualifications en temps voulu mais ou quand le service dévisse est capable de travailler en partageant intelligemment les taches courantes. Voilà une unité qui pendant 2 années avec 2 personnels en moins a tourné très professionnellement sans burn-out, sans UN SEUL jour de congé maladie, avec des désidératas de QL et de repos respectés. Une équipe heureuse qui en fin de semaine n’est pas rincée, une équipe qui aime ce qu’elle fait, des gendarmes qui ont une vie de famille ! Et puis un jour patatras, nouveau CB ! Malgré le trou à l’emploi de cette unité comblé avec l’arrivée de deux nouveaux gendarmes, au fil des mois et devant la gestion déplorable du patron l’unité de rêve se transforme en cauchemar... Aucun QL n’est stable, quand ils sont pris, ils sont grignotés d’une heure, les repos sautent tous les 4 matins, les OPJ ne sortent plus de leurs bureaux, les APJ se contentent de leurs taches en oubliant qu’ils sont aussi les adjoints de l’OPJ, les GAV ne sont plus que des serpillières, les jours de maladies font leur apparition... Les revendications aussi... Et au milieu de tout ça, ce nouveau CB au grade évocateur « Grand parmi les petits » bénéficie de l’ensemble de ses weekends, de ses soirées et arrive même à faire ses courses sur le service... Ces seules contraintes étant les réunions et la rédaction du planning qui lui prend 80 % de son temps car les pénibles exécutants sont toujours en train de lui réclamer un compensatoire... Ce qui parait normal quand le service à la base prévoit 12 jours de travail consécutif sans repos... Voilà un exemple récurant en Gendarmerie ! Tout le monde peut être « chef » au gré de l’évolution sans pour autant en avoir les compétences ou tout simplement le niveau intellectuel. Cet exemple à bannir démontre la pertinence de maintenir et de construire un dialogique interne sérieux sur la thématique du temps de travail. Avant avec 2 personnels en moins ça marchait, certes il y avait des heures mais c’est pour ça que nous sommes gendarmes après tout et maintenant avec 2 personnels supplémentaires ça marche plus et c’est la débandade... Commençons par mieux former nos « patrons de la base », non pas au mérite ou à l’évolution logique de carrière mais aux capacités opérationnelles. Encadrons nos gestionnaires en imposant des codes et des résultats basés sur de l’opérationnel rationnel et humain ! Recentrons l’activité des exécutants, un APJ est un adjoint de police judiciaire ce n’est pas une femme de ménage ou un guichetier. Un OPJ est tout à fait capable dans une unité bien organisée de faire du travail fonctionnel quand le besoin s’en fait ressentir. Un GAV est peut-être le futur gendarme de demain et doit être intéressé au travail d’ensemble, il n’est pas là pour faire un CAP maintenance. Autre approche, nous voulons, le citoyen veut, du gendarme présent au quotidien sur la chaussée mais surtout pour sa sécurité de nuit comme de jour. Nous avons pléthores d’unités « spécialisés » à commencer par les PSIG quand il s’agit de « sécurité primaire ». Combien de compagnies gèrent leurs PSIG et leurs BT sans concertation de service ? Pourquoi le PSIG n’est il pas l’unité prioritaire de nuit des gendarmes dans la rue ? Pourquoi est-ce le brigadier avec sa journée d’auditions (entre autre) qui doit sortir sur un accident matériel quand les PSIGMAN‘S en sont tout à fait capables ? Ce fameux travail de jour ET de nuit... Il faut en finir avec ça et la Gendarmerie a les moyens humains de le faire, concertations opérationnelles des unités (pas juste sur le papier pendant les belles réunions), réorganisation des services... Nous travaillons finalement comme des ouvriers en usines au 3/8 mais sur des planifications avec des temps de récupérations de bureaux... Ça ne peut pas fonctionner... Dans le temps le corps humain a ses limites...Il y a eu pourtant des tentatives de mutualisation de moyens humains et matériels avec la mise en place de pool de nuit. Tout le monde y trouvait son compte. Les gendarmes bien sur, mais également la population qui pouvait compter sur des gendarmes sur le terrain H24, avec des délais d'intervention digne de ce que l'on peut attendre lorsque on est victime. Pourquoi ne pas avoir poursuivi sur cet axe de travail ? Un autre axe de travail qui ne dépend pas seulement de la Gendarmerie mais qui, traduit à d’autres « activités » permettrait de soulager l’amplitude horaire. La simplification des écritures et les tâches indues qui parasitent le temps de travail. Moins de procédures, moins de paperasse donc plus de temps pour le cœur de métier. Sur cette seule thématique parmi tant d’autres et démultiplié sur l’ensemble des brigadiers cela ferait gagner des dizaines de milliers d’heures chaque années... En conclusion et sans forcer, juste en ouvrant un document texte en fin de journée on peut soulever quelques exemples concrets ne nécessitant pas de déposer plainte contre la Gendarmerie et donc contre nous même pour améliorer notre amplitude horaire et donc notre quotidien. Car ne nous leurrons pas, si demain l’Europe dans sa grande mansuétude nous impose 48 heures de travail hebdomadaire il sera aussi question de nos droits à la retraite, de nos jours de permissions, de nos logements concédés (même si le LCNAS n’est clairement pas toujours un avantage en l’état pour le gendarme et sa famille c’est tout de même un formidable outil pour ceux qui démarrent dans la vie...), que ferons nous alors ? Si la Gendarmerie est imparfaite, elle a au moins le mérite depuis l’arrivée du Général Favier et sous son impulsion de tenter des choses pour évoluer positivement en ouvrant les portes de la concertation. Les APNM ne sont qu’un « nouvel » outil supplémentaire, auraient-elles déjà la prétention de nous représenter tous ? Un bureau exécutif d’une dizaine de gendarmes pas forcément du terrain peut-il vraiment nous représenter tous ? AG&C travaille au quotidien pour les gendarmes et donc pour la Gendarmerie, nous ne pouvons approuver une mesure visant à s’en prendre aux fondements de la Gendarmerie ! Oui nous rentrons en Gendarmerie pour travailler et travailler plus que dans la plupart des métiers et si effectivement il y a des lacunes elles ne sont en aucun cas une généralité et peuvent avec le concours de TOUS et le dialogue s’améliorer tout en préservant ce que nous sommes..........des GENDARMES !


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