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« La GUERRE DES BOUTONS »



Nous avons tous reçu récemment dans nos unités une note express datée du 2 novembre 2016 relatant la mise en œuvre prochainement d'un dispositif technique de surveillance des personnes placées en chambre de sûreté dans les locaux de la gendarmerie nationale. Si au premier abord, ce titre ronflant semble apporter enfin une solution au problème de la surveillance des individus déposés en chambre de sûreté, la réalité est toute autre. Ce que décrit modestement notre Direction comme étant un « dispositif technique » n'est, en fait, autre chose qu'une vulgaire sonnette !!! Vous lisez bien…..UNE SONNETTE !!! Un bouton à l'intérieur de la cellule que pourra actionner à son bon vouloir l'individu placé en garde à vue !! Sous le prétexte de sa sécurité, nous voilà à la merci d'une sonnette actionnée par la personne que vous avez interpellée pour, normalement, de bonnes raisons, lequel évidemment, et c'est bien connu, dans la majorité des cas fait partie de ces individus qui sont sages comme des images et qui n'ont jamais besoin de rien !!! C'est évident que le mec qui vous fait un malaise ou une crise cardiaque aura le temps de sonner !!! Je me demande encore quel est le militaire qui a bien pu avoir une idée pareille ? Pire, je me demande comment une telle idée a pu germer puis être validée en haut lieu ?Vraisemblablement pas après une consultation de la base ! Nous voici donc avec un jouet mis à disposition des gardés à vue, qui auront là, le moyen de vous "emmerder" toutes les cinq minutes parce qu'il a envie de fumer, de boire, ou que sais-je encore ! Pourquoi ? Parce que la grande dame à un demi-siècle de retard en la matière bien évidemment ! Plutôt que d' anticiper ce problème de surveillance de « gardé à vue », stricto sensu comme l'ont fait nos amis policiers, nous sommes aujourd'hui face à un mur, à des exigences édictées au niveau européen et surtout, au niveau des droits de l'homme. Plutôt que de mettre une sonnette dans les cellules, la solution aurait été d'envisager de mettre en œuvre des pôles "garde à vue" au sein de chaque compagnie, comportant des cellules vitrées ou sous surveillance vidéo, et avec une permanence d'au moins deux militaires la nuit. La mise en œuvre d'un tel dispositif permettrait également de faire l'économie de personnel. Et même s'il y a plusieurs gardes à vue sur la compagnie, cela évite de mobiliser d'autres personnels par unité pour la surveillance nocturne. Si cette note était arrivée un 1er avril, je n'aurais eu aucun doute quant au canular. Mais malheureusement, il s'agit bien de la triste réalité !! Messieurs les biens pensants, les décisionnaires, venez prendre des gardes à vue au sein de nos unités, et vous comprendrez de quoi je parle……. Un brigadier….OPJ…...en colère !!


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