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Réaction AG&C suite au discours du président Macron



Le 18 octobre 2017, le Président de la République s'est adressé aux personnels du ministère de l'intérieur. Durant une heure et demi, il a dressé la liste des mesures qu'il entendait mettre en œuvre tout au long de son mandat dans le domaine de la sécurité. Devant une assemblée très attentive, il a déroulé le programme qu'il avait concocté au cours de sa campagne. Et puis, en fin de discours, une phrase sibylline a plongé la communauté de la gendarmerie dans la perplexité.

«Ma détermination sera complète pour que la gendarmerie ne soit pas concernée par la directive bien connue » (sic).

Après le premier étonnement naturel, tant la transposition de la directive européenne a suscité beaucoup d’interrogations, conduisant dans l’urgence à l’abrogation de la circulaire 1000 et à la rédaction de l’Instruction Provisoire 36132, il est temps de réfléchir à l’affirmation d’un tel propos. Quelles sont les raisons qui ont poussé le Président de la République à lancer un tel pavé dans la mare ? Mais surtout quelles en seront les conséquences sur les conditions professionnelles et personnelles des gendarmes ? Le statut militaire de la gendarmerie est remis sans cesse en question par la Communauté Européenne qui exclut de ses textes toutes formes de police militaire. L’adhésion de la France à cette organisation entraîne un certain nombre de contraintes juridiques. Mais la gendarmerie existe depuis huit siècles et elle tire sa légitimité et son efficacité de sa disponibilité au plus près de la population. La transposition de la directive en question et “bien connue” permet à chaque gendarme de bénéficier de 11 heures de repos par journée travaillée et éventuellement de compenser ce repos en cas d’incapacité factuelle. Cette possibilité de couper avec un quotidien contraignant est appréciée par toutes les subdivisions d’arme. En lançant une telle déclaration devant un parterre de gendarmes, le Président Macron a-t-il cherché à instiller l’idée selon laquelle il n’est pas concevable qu’un militaire puisse bénéficier de temps de repos ou d’une amplitude maximale hebdomadaire ? En raison du peu d’éléments dus certainement, à une “pensée complexe”, AG&C refuse de croire qu’il sous-entend que le fonctionnement de la gendarmerie ferait machine arrière en matière de conditions de travail. Si cette éventualité venait à devenir une réalité, quels seraient les messages adressés à l’ensemble des gendarmes et globalement des militaires, d’une part et à la communauté européenne dont la France s’est engagée à transposer les directives, d’autre part ?

Le but serait-il de jeter les gendarmes dans l'arène de revendications intenables, laissant comme seule solution au Président de la République de prendre une décision radicale sur l'existence d'une Institution multiséculaire?

La gendarmerie, dans l'urgence a fait le choix de transposer la directive européenne sur le temps de repos plutôt que sur le temps de travail hebdomadaire.

Aujourd’hui, il n'est pas inutile de rappeler qu'un gendarme de brigade ou d'escadron est une ressource employable pour son institution au moins 65 heures par semaine. Doit-on comprendre que ce volume horaire n’est pas suffisant aux yeux du Président de la République ?

AG&C a toujours défendu la condition des militaires de la gendarmerie en adaptant son discours aux contraintes du moment. Cependant, depuis dix ans, et nos différents communiqués sont là pour en attester, nous avons maintenu la même ligne éditoriale et nous ne serons pas des témoins placides de l'évanouissement programmée des périodes de repos dues aux gendarmes. L'association met en garde, dores et déjà, ceux qui profiteraient de cette déclaration pour s'engouffrer dans la brèche afin de faire disparaître, même momentanément, les RPJ ou les RPC de leurs subordonnés. Les nombreux contacts que l'association entretient avec les plus hautes autorités de l'Institution garantiront, soyez en certains, la remontée immédiate d'éventuelles dérives. Les adhérents sont invités à contacter rapidement la permanence téléphonique en cas de difficultés avérées à ce sujet.

La vigilance est de mise et AG&C ne peut qu’exprimer son incompréhension face à une telle déclaration. L’association attend de la chaîne hiérarchique des éclaircissements sur l’éventuelle décision de ne plus appliquer l’encadrement de cycles horaires.

En outre, elle regrette, au même titre que les membres des syndicats de policiers et des membres du CFMG, qu’aucun représentant des APNM n'ait été convié à écouter un message qui se voulait offensif et résolu.


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