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Vœux pour 2018 ! L’état doit reprendre ses droits.



La joie de nos jeunes concitoyens, ponctuée par les effets pyrotechniques de voitures de riverains éberlués, ajoutée à l'enthousiasme d'autres fêtards à danser une nouvelle forme de capoeira avec deux charmants policiers ont refroidi un élan naturel à souhaiter des vœux de concorde à la terre entière. Pourtant, les résolutions étaient nombreuses et longuement méditées, au nombre desquelles, l'indulgence prenait le pas sur une tendance imbécile à n'accorder pour ces sauvageons aucune crédibilité sur leur volonté à se comporter en êtres humains sociabilisés. L'envie d'être affable et compréhensif, avec le secret espoir qu'une étincelle d'éducation illumine enfin leur cerveau détraqué, s'est envolée subitement. Il a fallu compter sur la remarquable inventivité de la jeunesse désœuvrée de notre pays. La nuit de la Saint Sylvestre, dernière étape festive avant la nouvelle année, peut s'enorgueillir d'avoir fait capoter toute clémence vis à vis d'une couche de la population, sans foi ni loi. Tout le monde a été cueilli par les images insoutenables d'une femme à terre, en uniforme, frappée à coups de pied sous les quolibets hilares d'abrutis décérébrés. Comment imaginer que des êtres humains doués de raisonnement puissent en arriver, sans état d'âme, à de tels déchaînements de violence. « Force doit rester à la Loi ! » En visionnant les images de Champigny, on peut regretter que cette affirmation célèbre soit devenue une vulgaire incantation. La force n'est plus du côté de la loi. Elle a changé de camp depuis plusieurs décennies déjà. Elle est la caractéristique de ceux qui ont profité d'un système vérolé de l'intérieur pour s'exclure de toute autorité. On doit chercher l'origine de sa destruction dans la posture de certains magistrats et de nombreux gouvernants. Les premiers font le choix idéologique de se montrer indulgents avec la racaille, en oubliant volontairement les victimes. La conception qu'ils ont de leur rôle dans la société conduit à mettre de côté la détresse de ceux qui ont fait les frais d'agressions aussi violentes qu'injustes. La loi leur permet des aménagements de peine qu'ils s'empressent de mettre en œuvre au mépris, bien souvent du statut des victimes. En agissant de la sorte, ils mettent en péril l'équilibre précaire entre justice publique et un commencement de justice privée. Les seconds leur attribuent, par une législation toujours plus permissive pour les auteurs d'infractions et plus contraignante pour ceux qui sont chargés de faire appliquer la loi, des pouvoirs démesurés, qu'ils sont incapables de canaliser, par dogmatisme ou simplement par manque de moyens. Les deux portent la responsabilité de ce qui arrive dans des zones dites de « non-droit », mais plus généralement sur l'ensemble du territoire français. Sous couvert de garantir la paix sociale, les uns comme les autres utilisent des mots forts de fermeté qu'ils s'empressent de ne jamais faire suivre des actes qui en découlent. Ils se gargarisent devant les médias de poncifs éculés. « Tout sera mis en œuvre pour que les auteurs soient recherchés, jugés et condamnés. » « Ces actes de violence contre les policiers et les gendarmes sont inadmissibles. » « Je dénonce un lynchage lâche et criminel. » « Soutien aux fonctionnaires de police agressés et blessés à Champigny. Je m'entretiendrai dès demain avec le préfet du Val-de-Marne (...) Tout doit être mis en œuvre pour juger et punir les auteurs de ces actes lâches et insupportables. » Les commentaires condescendants fleurissent sur les antennes ou les stations d'informations en continu. C'est un véritable concours d'indignation auquel se livre la classe politique entière. Ils oublient au passage de préciser qu'ils sont à l'origine, chacun dans leur domaine, de ces débordements gratuits de violences à l'encontre des forces de l'ordre, parfois par angélisme, souvent par clientélisme. Ce sont eux, en 2012, qui ont supprimé par voie législative la notion de peine plancher. Ce sont eux, en 2011, qui ont réformé la procédure pénale, en accroissant les droits de la personne gardée à vue et en incluant le principe du droit au silence. Ce sont eux qui, pour éviter que les prisons soient encore plus surpeuplées, ont introduit la notion de peines alternatives en deçà de condamnations à plusieurs années d'emprisonnement. Ce sont eux, enfin, qui ne tiennent aucune des promesses qu'ils formulent avant d'être élus et qui s'empressent de critiquer leurs successeurs, quand ils font la même chose. En attendant, les gendarmes et les policiers « rament » au quotidien pour préserver un semblant de paix publique. Et puis, quand ils sont à bout, ils se suicident, dans le silence assourdissant des supports médiatiques. On ne peut plus vivre dans ces conditions. Il faut un vaste plan de reprise en main de l'autorité de l'état, et pas d'un saupoudrage de mesurettes tendant à museler les voix de ceux qui subissent les agressions chaque jour. Ce plan doit s'accompagner de signaux forts. Il n'y aura pas de retour à la tranquillité sans affrontements entre ceux qui veulent continuer leurs lucratifs trafics et ceux qui défendent la société. Ce combat est inéluctable. Comment peut-on reprendre des quartiers abandonnés à la « racaille » sans un maximum de violences légitimes ? Sans «contact physique », c'est impossible. La peur doit changer de camp. Ceux qui défient l'ordre même d'une république démocratique doivent savoir qu'ils ne pourront plus le faire sans s'exposer à de très lourdes sanctions, sans possibilité d'aménagement ou d'autres subterfuges juridiques. C'est seulement à ce prix, que la tranquillité publique fera un retour espéré par les français. Cette solution ultime et extrême ne sera certainement pas très populaire chez les démago-idéo-angélo-bobos, mais elle a le mérite d'être claire. On reprend par la force des territoires en partie abandonnés. Ensuite, le concept de « police de sécurité du quotidien » cher à tous les politiques condescendants pourra être appliqué. Il est effectivement nécessaire que les services de sécurité de l'état soient au contact de la population, mais il n'est pas question que ce contact se traduise par une lâche indulgence. En fermant les yeux sur de petits larcins, on confère à une population en manque d'éducation ou de repères, un sentiment inacceptable d'impunité. Voilà donc les vœux de AG&C pour 2018. Que l'état prenne enfin à bras le corps son rôle de défenseur de ceux qui le servent avec loyauté. Le chiffre des malheureux qui y laissent leur vie doit inciter tous nos gouvernants à faire preuve d'un minimum de considération. On ne peut plus se contenter de paroles lénifiantes et prévisibles après chaque atteinte à l'intégrité physique d'un gendarme ou d'un policier. Ceux qui ont fait le choix de gouverner doivent prendre des mesures drastiques pour protéger une société fragile. « L'ordre est une tranquillité violente » (Victor Hugo)


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