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On ne gagne rien, mais on perd moins ?



Le 20 décembre 2018, au petit matin, loin de l’agitation médiatique, le DGGN a présidé place Beauvau une réunion de travail en lien avec les avancées salariales dont va bénéficier la Police Nationale. Au vu de l’engagement de l’ensemble des militaires de l’Arme dans la crise des gilets jaunes, les mesures annoncées par les syndicats de Police ne seront pas appliquées selon le principe de parité totale.

- Pour l’ISSP : 1 % dès le 1er janvier 2019 et 0.5 % au 1er janvier 2020 pour atteindre 28,5 %.

Rappelons tout de même qu’une augmentation était déjà prévue depuis le protocole d'accord 2016 pour atteindre 28 % en 2020. L'augmentation est donc de 0,5 %.

- L’AMJG ne sera pas réévaluée à l’identique de l’allocation de maîtrise de la Police avant des négociations en 2019.

Les travaux portant sur l’organisation du temps de travail seront poursuivis concernant notamment les astreintes.

Cependant, APNM Gendarmes et Citoyens s’interroge sur les pistes qui seront exploitées pour financer de telles annonces, le Projet de Loi de Finances 2019 ayant été adopté par l’assemblée nationale. Comment expliquer que les mises en réserve sont systématiquement annulées depuis deux ans entraînant la suspension des paiements d’indemnités et que, sans les avoir préalablement programmées, des augmentations substantielles soient promises ?

Mais, et c’est loin d’être le moins important, aucune annonce n’a été faite concernant la perte de pouvoir d’achat depuis le gel du point d’indice, en 2010. L’inflation cumulée depuis cette date est de 9,8% (source https://france-inflation.com/calculateur_inflation.php). Si l’on rapporte ce taux à ce que viennent d’obtenir les syndicats de police, le compte est loin d’être en faveur des policiers ou gendarmes. La mine satisfaite des représentants d’organes syndicaux à la sortie du ministère ne correspond pas du tout à la réalité des faits.

Plus grave, alors que depuis 18 mois, la réforme des retraites est engagée et que l’on s’achemine vers un calcul par points, le blocage du point d’indice entraîne de facto une minoration des pensions pour les plus jeunes.

Pendant que les militaires de la gendarmerie démontrent au quotidien qu’ils sont dignes de la confiance que les français leur accordent, la manière dont les politiques les considèrent est proprement inadmissible.

Il est temps de dire à ceux qui nous gouvernent que la coupe est pleine. On ne croit plus à leurs promesses. Compter sur la servilité d’un corps par nature loyal et fidèle ne constitue plus un gage d’attentisme béat. La reconnaissance d’une disponibilité permanente, notamment en 2018 où les missions se sont enchaînées à un rythme historique, ne peut se monnayer par des tours de passe-passe ministériels. La fatigue physique ajoutée à ce manque flagrant de reconnaissance peuvent déclencher des comportements imprévisibles, chez des militaires désabusés.

“La confiance n’exclut pas le contrôle”. APNM Gendarmes et Citoyens n’a pas foi en un politique qui respecte rarement la parole donnée. Elle soupçonne un enfumage pour calmer les troupes en vue de nouvelles manifestations.

Une fois n’est pas coutume, APNM Gendarmes et Citoyens lui adresse une mise en garde solennelle sur les conditions matérielles et morales de ses camarades.


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