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VETI... J'en peux plus !


En 2018, la société Paul Boyé Technologie (PBT) a remporté, une nouvelle fois, le marché public concernant la fourniture et la distribution d'effets d'habillement et d'équipements individuels de la Gendarmerie et de la Police.


Le montant alloué pour la Gendarmerie est de 130 millions d'euros, bien plus que la somme attribuée pour la réfection des logements domaniaux pour 2019 (105 millions), c'est dire !


En externalisant la fourniture d'effets d'équipement et d'habillement, la gendarmerie a répondu à une volonté politique de contrôler la destination de ce que l'on appelait communément la prime d'habillement. On a été particulièrement indulgents les premières années, marquées par de nombreuses erreurs de référence, des délais hors normes ou carrément des ruptures de stock. L'administration centrale s'est d'ailleurs fait outrageusement l'avocate d'un système qui réclamait quelques ajustements. La patience fut le maître mot pour calmer la colère des uns et des autres.


Mais aujourd'hui le constat est scandaleusement édifiant. Les Gendarmes sont mécontents ! Tout est raté. Des campagnes de commande incertaines ; des délais de livraison bien trop longs et jamais respectés ; des effets souvent défectueux et un service après-vente ectoplasmique dont l'incompétence est aussi patente que sa volonté manifeste à ne pas répondre aux appels téléphoniques.


Ce sentiment d'incapacité à faire face au contrat qui lie PBT a transpiré lors de la grande enquête organisée par l'association sur le quotidien des Gendarmes. 48 % des participants ont déclaré ne pas être satisfaits du tout de « Vétigend » et 42 % ont dénoncé des délais de livraison compris entre 2 et 6 mois*.

Pour quelles raisons sont-ils aussi remontés ?


Le fournisseur s'est engagé, lors de ce renouvellement de marché, à une meilleur prise en compte des besoins et au respect des délais de livraison.


Finies les campagnes de commandes, les achats pourront enfin se faire au fil de l'eau et l'assurance même d’une livraison sous 15 jours étaient avancée par PBT. Chaque militaire de la gendarmerie aurait la possibilité de commander en fonction de ses besoins du moment, d'autant que des effets et accessoires d'équipements seraient ajoutés au catalogue. On allait recevoir les médailles à temps.


Et puis... la réalité fut toute autre !


Les délais de livraison ne sont pas respectés. Certains effets sont défectueux. Des accessoires qui devaient être mis en catalogue ne le sont pas, sans parler de l'ergonomie du site, digne des premiers pas du minitel. Ceci pourrait donc expliquer qu'un policier ayant commandé une paire de chaussettes a reçu un polo bleu « Gendarmerie ». Le comble de l'incompétence !


Les excuses, particulièrement hypocrites, fournies par les agents commerciaux de ce groupe, laissent perplexes. Ils expliquent ces erreurs de manière spécieuse, au premier rang desquelles on découvre que la modification du comportement d'achat a créé des ruptures de stocks. C'est donc le gendarme acheteur compulsif d'effets d'uniforme qui est la cause des désagréments. À méditer !


En conclusion, malgré les promesses de transactions rapides et conformes, la société Paul Boyé Technologies ne remplit pas les termes du contrat. On ne peut que conseiller ses dirigeants d'envoyer les différents services de logistique dans d'autres officines de vente par correspondance qui respectent les références dans des délais très courts. On peut être sûrs que Amazon ou Cdiscount leur donneraient quelques pistes pour gérer les commandes de clients.


Quand on se gargarise dans la presse spécialisée d'un chiffre d'affaire en augmentation de 30 % grâce à ce marché, on doit démontrer sa capacité à honorer scrupuleusement les obligations contractuelles définies dans un accord cadre.


Il en va de la crédibilité du service de l’achat, des équipements et de la logistique de la sécurité intérieure (SAELSI) de « mouiller le maillot » pour faire respecter ces obligations.


Le gendarme qui ne reçoit pas ses achats de PBT, devra-t-il défiler à poil dans la rue pour qu'enfin, un contrat à 130 millions d'euros soit respecté ?


La question posée appelle une réponse de la part de la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale qui se grandirait à faire appliquer des pénalités contre une entreprise qui n'honore plus ses engagements.


* Données extraites de l'enquête "Mon quotidien en Gendarmerie" ( 3989 participants)

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