Commémoration du Chemin des dames.


L'offensive de la bataille du Chemin des dames, lors de la première guerre mondiale, n'a jamais occupé la même place que la bataille de la Somme ou celle de Verdun dans la mémoire collective. Et pour cause, il est plus compliqué pour certains démagogues de célébrer une défaite en passant sous silence les trop nombreuses pertes humaines. L'ampleur de l'offensive a souvent été atténuée par les historiens, dans le but évident d'en amoindrir l'échec. Énormément de troupes françaises et coloniales ont été "sacrifiées" à des fins souvent décrites comme inutiles, donnant naissance à des mutineries justifiées.

Aujourd'hui, quels sont les changements concernant la considération des militaires ?

Pour commémorer cette bataille, des camarades gendarmes ont été envoyés sur place afin de renforcer le dispositif de protection et de sécurité routière. Même si la qualité de la considération reste incomparable avec les affres subies par les poilus, vous trouverez sur les photos jointes, l’accueil qui leur a été réservé, pour accomplir la mission de protection de cette célébration.

Le président de la République, chef des armées était présent accompagné par de nombreuses personnalités. Cela laisse songeur quant à l'évolution de la condition militaire dont nous sommes partie prenante de plein droit. Des dizaines de milliers de soldats français et allemands ont été sacrifiés lors de cette bataille et il aura fallu des dizaines d'années pour que l’Histoire le reconnaisse partiellement. Mais nous regrettons que certaines mentalités n'aient toujours pas évolué à l'égard des militaires.

Ceux-là mêmes, quel que soit leur rang, restent encore trop souvent et indécemment déconsidérés. Pourtant les mutineries consécutives à l’indifférence des tourments infligés par des ordres iniques auraient pu servir de leçon. A cette époque, la vie de ces militaires ne compte pas et l’estime qu’ils étaient légitimement en droit d’attendre de ceux qui leur donnaient les ordres, confortablement installés à l’arrière, n’a jamais été proclamée.

C’est la même considération dont viennent de faire les frais nos camarades missionnés sur place pour protéger les héritiers de cette élite politique.

D’illustres personnalités de l'époque ont pourtant participé à cette bataille. Guillaume Apollinaire, blessé à la tête qui rédigea lors de sa convalescence les échos de sa participation au front : " [...] je suis dans la tranchée de première ligne et cependant je suis partout ou plutôt je commence à être partout. C'est moi qui commence cette chose des siècles à venir. Ce sera plus long à réaliser que non la fable d'Icare volant. [...] "

Il ne pensait pas si bien dire en parlant ainsi de l’avenir. Un siècle plus tard, la considération dans certains cas, à l'égard des militaires reste ridicule, voire fantomatique. Comment peut on célébrer un tel échec de stratégie militaire, qui a conduit au sacrifice de dizaines de milliers de soldats en traitant de la sorte, 100 ans plus tard, des militaires de la gendarmerie venus sécuriser l'évènement ? Nous connaissions le peu d’estime concernant la condition militaire dans l’esprit collectif, nous ignorions qu’elle atteindrait un tel mépris en cantonnant de cette manière les gendarmes.

Ceux qui ont choisi le métier des armes pour défendre les valeurs et le peuple de la France méritent tout autant d’estime et de considération que ceux qu’ils protègent, au péril de leur vie, chaque jour.

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