Les mesures catégorielles des militaires du Corps de Soutien Technique et Administratif de la Gendar



Les militaires du corps de soutien technique et administratif de la Gendarmerie Nationale sont inquiets. Depuis 2016 et une vague de départs anticipés touchant tous les grades de ce corps, l'administration centrale, pour en limiter les effets immédiats, a proposé de les inclure dans le développement de la feuille de route sociale. Cette demande a été entérinée par François Hollande, président de la république le 11 avril 2016 en signant un protocole avec le Directeur Général de la Gendarmerie Nationale.


Indispensables au fonctionnement de l'Arme depuis la réorganisation des services, ils contribuent au bon fonctionnement du soutien logistique. Une fois ce constat préliminaire posé, il faut rappeler les promesses qui leur ont été faites. Plusieurs mesures avaient été évoquées lors de la rédaction du projet, mais on doit en retenir une particulièrement importante, l'intégration de l'ensemble des militaires sous-officiers de ce corps dans la catégorie B de la fonction publique. Entre-temps ceux qui avaient jugé pertinent de prévoir ces dispositions, ont disparu du paysage politique et ont été remplacés par une équipe qui a clairement annoncé la couleur dès le départ, en donnant un avis défavorable à ce projet de décret, dès le 26 octobre 2017. Le statu quo qui dure depuis cette date indispose ces militaires. À travers la suspension de ce plan de gestion des carrières, ils s'interrogent sur la reconnaissance de leur mission et sur l'opacité de leur avenir.


Les différentes filières proposées ne soulèvent apparemment pas l'enthousiasme des potentiels candidats et nombre de services de soutien connaissent des trous à l'emploi qui conduisent certains jeunes maréchaux des logis ou MDL/Chef à exercer des responsabilités dès leur affectation (cercle mixte, secrétariat compagnie, etc.). Doit-on voir dans les critères d'attractivité de ces postes un lien de causalité ? On ne peut écarter cette hypothèse.


Si les services du budget de Bercy sont garants d'une gestion maîtrisée de l'argent public, il serait inconséquent que ce soit des militaires, une fois de plus, qui fassent les frais de coupes sombres dans des projets de revalorisation de carrières. À défaut, pourrait-on leur suggérer de décliner le plan de carrières selon les responsabilités réellement exercées par les sous-officiers de ce corps.


Le blocage discutable de Bercy, coutumier de postures intransigeantes et condescendantes depuis l'arrivée de la nouvelle équipe ministérielle, ne doit pas constituer un frein à la reconnaissance de métiers de soutien logistique. S'il devait tout de même persister dans cette voie, il est à prévoir que des départs massifs de spécialistes à très court terme dont les conséquences seraient désastreuses en terme de soutien opérationnel, reprennent. Et au delà de toutes ces considérations factuelles, on est en droit de s'interroger sur la valeur de la parole donnée par le Président de la République. À l'heure où l'on s'escrime à tenter de redonner de la confiance dans nos institutions et pour ceux qui les dirigent, il serait dangereux de laisser à penser qu'un protocole signé par le chef de l'état n'a de valeur qu'aux yeux de ceux qui ont eu la naïveté d'y donner de l'importance, par fidélité et loyauté naturelle.


APNM Gendarmes et Citoyens se tient prête à porter la parole des sous-officiers du corps de soutien technique et administratif pour débloquer une situation que certains décisionnaires montrent peu de volonté à faire évoluer, voire à carrément enterrer.


(illustration : ADJ Emmanuel GUIBAL)

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