"Guardian of the year" condamnée !


(Photo d'illustration "Une du TIME")

En appel, Assa Traoré, porte-drapeau du comité « justice pour Adama » vient d’être condamnée à des dommages et intérêts (*) et à supprimer le nom des gendarmes qu’elle soupçonne d’avoir donné la mort volontairement (sic) à son demi-frère Adama Traoré, de ses supports internet. La justice a reconnu le bien-fondé de la notion de présomption d’innocence tant qu’un jugement définitif n’est pas intervenu.


Le comité « Justice pour Adama », défiant une décision judiciaire, s’est rendu coupable dans les heures qui ont suivi, de la même infraction en publiant sur sa page Facebook, un réquisitoire enflammé, arguant comme preuve de leur bonne foi, « qu’une dizaine de médecins ont pourtant bien confirmé le lien entre la mort d’Adama et l’intervention de ces gendarmes » (sic), en omettant d’indiquer que d’autres dizaines de médecins ont rendu des conclusions exactement contraires. Mais c’est aussi oublier qu’un médecin fait de la médecine et qu’un magistrat rend la justice. A moins que dans l’esprit de ceux qui se cachent derrière cette structure séditieuse, il n’y ait plus besoin de règles pour décider qui est coupable et qui est victime et qu’en l’espèce, le tribunal de la famille et des amis de Adama Traoré est seul compétent pour entrer en voie de condamnation ! Repoussant l’abjection jusqu’aux confins de leur délire, les proches de ce comité appellent à partager le nom de chaque gendarme sur les réseaux sociaux. Leur tweet est repris par de nombreux sympathisants qui se placent de facto dans l’illégalité. Comme le symbole d’une inversion des valeurs, des innocents, parce que jusqu’à preuve du contraire, ces trois gendarmes ne sont coupables de rien, sont jetés à la vindicte d’une population dont l’idéologie est très discutable.


En bafouant ainsi, une nouvelle fois la présomption d’innocence de trois gendarmes dont la juridiction d’instruction n’a pas estimé devoir placer en examen, les rédacteurs de ce communiqué publient leurs noms en ajoutant « La vérité c'est qu'Assa Traoré est visée de manière particulière, parce qu'elle est à l'origine d'un vaste et historique mouvement citoyen, qui effraie les institutions racistes. » Ces mêmes institutions racistes dont ils se servent allègrement depuis des années, à travers des associations ou des organes de leur propagande. Ces institutions ont toutes les raisons en effet d’être effrayées par tant de haine désormais exprimée au grand jour et sans aucune retenue.

Il serait temps de rappeler que l’état de droit n’est pas négociable et que les lois doivent être respectées par tous. Ce sont les juridictions de jugement qui estiment dans leur intime conviction qu’il y a matière à rentrer en condamnation ou à délivrer une ordonnance de non-lieu. Ce n’est pas au premier venu de décider selon un jugement souvent relatif de la culpabilité de ses semblables.


APNM Gendarmes Et Citoyens apporte un soutien sans faille à ces trois militaires de la gendarmerie et réclame du ministre de l’intérieur une réaction ferme et courageuse face à une nouvelle insulte à la présomption d’innocence et une attaque en règle des institutions françaises.



(*) La vente de vêtements devrait suffire pour s’acquitter de la dette de quelques milliers d’euros.

(Photo d'illustration "Une du TIME")

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