La Gendarmerie de l’Ille et Vilaine, une force supplétive de la Police Nationale ?



C’est ce que l’on pourrait penser en apprenant que lors de la visite officielle du ministre de l’Intérieur, le 11 avril 2021, la surveillance de la mosquée de RENNES(35), qui venait de faire l’objet de tags à caractère raciste, a été assurée conjointement par 20 fonctionnaires de la Police Nationale de la ville et 33 militaires du groupement de la Gendarmerie Départementale de L’Ille et Vilaine, dépêchés à la hâte.


Que doit-on en déduire ? Que les trous à l’emploi sont si importants dans le commissariat de RENNES que sur les 517 policiers qu’il compte dans ses rangs, il n’a pas été possible à son chef de service d’affecter plus de 20 subordonnés à une mission qui lui revient de droit en raison de sa position géographique ? Que c’était un dimanche ? Qu’il pleuvait ? On est plongés dans toutes les conjectures.


L’autorité préfectorale aurait été informée des raisons de cette carence et elle s’est empressée de la faire combler par des effectifs de la Gendarmerie. Il semble donc plus facile de ponctionner des gendarmes pour aller faire le travail de la police en « zone police » que de s’adapter à une mission chronophage, certes, mais qui relève essentiellement du service chargé d’assurer territorialement la sécurité des Rennais. Cette « assistance ponctuelle » doit interroger sur les conditions d’emploi de chaque force sur un territoire déterminé, si finalement ce sont les unités de la Gendarmerie qui se substituent aux insuffisances d’effectifs d’un commissariat de Police. Et puis tant pis pour les territoires ruraux s’ils ont été abandonnés durant ce “renfort” de circonstance.


Il ne suffit pas de réclamer des dispositifs liés au statut des militaires de la Gendarmerie pour effacer d’hypothétiques prééminences, il faut également avoir la capacité d’assurer les missions régaliennes imprévues. Et en l’espèce, sur 517, être dans l’impossibilité de détacher plus de 20 fonctionnaires de police sur un tel évènement pose des questions sur le régime d’emploi de la sécurité publique de la ville de RENNES.


On aurait envie d’imaginer que l’autorité préfectorale renverra l’ascenseur aux gendarmes lors de la prochaine « techno party » au milieu de la campagne. Sauf que l’on s’empressera de lui expliquer que les effectifs du commissariat ne permettent pas d’assurer convenablement les missions. Comme d’habitude, les pandores se contenteront de cette explication oiseuse. La prochaine fois que la police ne sera pas en mesure d’assurer une besogne dans sa zone géographique, si le chef de la gendarmerie répondait que son dispositif ne permet pas d’abandonner une partie de son territoire de surveillance au profit de la Police ? On peut toujours rêver, non ?

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