WHAT'SAPP...EN ?


On doit se rendre à l’évidence, depuis plusieurs années, le monde se nourrit des réseaux numériques. La messagerie instantanée est devenue la règle en terme de communication.

On est très loin de ce qu'ont pu connaître les plus de 30 ans. On communique par l’écrit ou par l’image sans jamais voir physiquement les interlocuteurs.


Les applications WHATSAPP, MESSENGER ou autre TELEGRAM, ont infiltré nos vies privées et professionnelles.


WHATSAPP est Américain. Il est (sans pouvoir le certifier) crypté de bout en bout. Donc personne ne devrait pouvoir lire ce qui s'y écrit. Il faut faire attention toutefois à certains intérêts qui sont supérieurs aux lois. TELEGRAM, est l'équivalent Russe.

Il y a des raisons à cela ! Ce qui est crypté peut forcément être décrypté par un informaticien doué. Mais pour notre quotidien, qu’en est-il précisément ?


Donc, ce type de messagerie, sans cadre réglementaire, est devenu courant dans les unités de gendarmerie puisque forcément bien pratique. Oui mais...


Il faut donc distinguer l'information, qui n'engendre rien d'immédiat, ni d'opérationnel, ni d'officiel, du commandement à celle qui engage la responsabilité professionnelle des intervenants.


Et la frontière est vite franchie...


Demander à ses camarades à qui sont les gants oubliés dans la voiture, où sont les clés du “kangoo”, qui est intéressé par une commande de champagne ou partager un article de presse qui nous concerne n’est pas un problème en soi.

Mais dès lors que des photos de mis en cause, des plaques d’immatriculation de véhicules, des clichés en tenue « freestyle », voire des ordres précis, circulent sur ce type de support, ça pose des interrogations.


Il y a une option par défaut sur l'application qui enregistre les médias sur votre téléphone, dans la « galerie ». Par conséquent, si des renseignements, photos, vidéos concernés par la loi « informatique et liberté » sont diffusés, vous fabriquez un fichier non contrôlé par la CNIL. Ça devient un délit car interdits par le législateur. Il est bon de rappeler les éléments matériels de l’infraction, tels que :


- la collecte d'informations personnelles avec des méthodes frauduleuses, déloyales ou interdites ;

- l'usage illicite de données ;

- la conservation des données sur une période plus longue que celle autorisée ;


D’où l’intérêt de ne pas confondre information pratique et information opérationnelle.

D’ailleurs, il n'y a aucune obligation au sein de la gendarmerie d'être «groupés». N'en déplaise à certains cadres de certaines écoles !

Le législateur a prévu le droit à la déconnexion numérique par l'art L2247-17 7° du code du travail. Doit-on exclure de cette disposition les militaires de la Gendarmerie ?


Vous ne devez pas être le paria ou le dinosaure si vous refusez d'installer cette application sur votre smartphone perso ou quitter un groupe dont vous étiez membre. Au minimum, on ne pourra pas vous le reprocher. Et si vous ratez une info qui n'a été diffusée que par ce canal, il sera temps de prendre votre clavier et de mettre par écrit les raisons qui ont guidé votre décision ! Ceci, même si c'est un ordre du commandement dont il est question en informant l'échelon hiérarchique que c’est un réseau privé et qu’il est par conséquent officieux.


Je le répète, ces applications de messagerie sont un outil aussi utile que pratique mais ce n’est pas un dispositif réglementaire.


Conservez le libre choix de les utiliser à des fins privées !


En toutes situations, il est judicieux de mettre en place une charte sur l'utilisation du groupe interne avant tout débordement. Pour les téléphones NEOGEND, Whatsapp ou Telegram n'y sont pas installables.


La France a donc conçu son WHATSAPP professionnel. “TCHAP”.


Commun à toutes les administrations et en s’inscrivant via l’adresse mail professionnelle, il s’installe sur NEOGEND, via Apple store ou google-play sur les terminaux iOS et Android. Ça met à l’abri de certaines dérives.


Reconnu par la gendarmerie dans sa charte de la sécurité des systèmes informatiques (le “truc” qui apparaît tous les 6 mois quand vous allez sur Aghor@ pour faire une demande de permission et que vous ne lisez pas avant de cocher « j'ai pris connaissance que..... »)

Conçu par la DINSIC -les PTT de l'Etat mais sans les calendriers (lol)- il est toujours en cours de perfectionnement mais tout aussi pratique avec d'autres fonctions comme les «salons publics» et il est sécurisé par un chiffrement de bout en bout. Les serveurs sont mis en place et entretenus par l’administration centrale. Il comporte de nombreuses restrictions, telle que la copie d’écran. On peut y inviter des adresses mail extérieures avec des droits limités.


C'est donc le seul moyen de communication de groupe à utiliser, dans le cadre du service courant. Il garantit une discrétion absolue et permet quand même de communiquer autrement que par le réseau radioélectrique.


On le sait tous, on participe à la mise en place d’un véritable “big brother” depuis 20 ans. On ne peut pas endiguer le progrès, encore faudrait-il ne pas être l’acteur inconscient d’une atteinte à sa propre liberté.


Le Mdl/Chef Alain GUERY, membre du CA de APNM Gendarmes et Citoyens.

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